Parmi les poinçons et labels qui figurent sur le cadran des garde-temps, les mentions Concours de Chronométrie ou Observatoire sont de véritables valeurs patrimoniales. Ça tombe bien, Le Locle a relancé un tel concours.

En Suisse, comme toute forme d’étalonnage (poids et mesures par exemple), la précision des montres, mesurée et standardisée mondialement autour de la norme ISO, la ISO 3159, reste inscrite dans la loi fédérale. Elle dépend du METAS.

Les heures les plus prestigieuses de la précision

Le mot COSC, Contrôle Officiel Suisse des Chronomètres, lorsqu’il figure sur une montre, se mue en véritable plus-value. Il est tour à tour une marque de qualité et une procédure de contrôle validée par la Confédération, effectuée au sein de BO –Bureaux Officiels–, répartis dans les principaux centres névralgiques horlogers et accrédités par l’Etat. Cette structure, qui est encore associative, est la seule actuellement capable de mesurer les presque 2 millions de mouvements qui lui sont confiés annuellement et qui, un à un, subissent durant 15 jours une sérieuse batterie de tests.

Avant le COSC, il y avait les Observatoires astronomiques. Genève, Neuchâtel, Besançon, Kew – l’Observatoire du Roi –, en Angleterre, Greenwich, Yale-College (USA), ou Hambourg … Ce sont eux qui étaient en charge de la précision contrôlée et qui étaient à l’origine des grands concours de chronométrie qui faisaient vibrer le secteur. Celui de Neuchâtel était de grande réputation. Il offrait de mémorables battles entre montres précises et régleurs talentueux.

Dans les ventes aux enchères horlogères, les montres qui participèrent directement à ces Concours de Chronométrie ou qui appartinrent à des séries de montres primées, ont encore droit à tous les honneurs lors des adjudications, parfois plus de 100 ans après. A l’époque la mention était de l’ordre de l’argument commercial suprême et les cours actuels du marché réservent toujours à ces pièces des traitements de faveur.

Le Locle relance le Concours de Chronométrie

Avec l’arrivée du quartz et des traumatismes liés à la suppression massive d’emplois, les Concours de Chronométrie s’éteignent. Vers la fin, ils récompensaient plus une poignée de ‘régleurs’ vedettes que des montres elles-mêmes. L’Observatoire de Neuchâtel suspendit ses Concours le 26 avril 1968 avant de les abolir en 1976.

En 2009, le Concours international de chronométrie est relancé par la Ville du Locle et son Musée. Précisons qu’au sein de cette ville se trouve un BO du COSC et que l’Observatoire de Neuchâtel doit sa construction au fameux horloger Henri Grandjean, l’un des plus ardents promoteurs de la précision horlogère en Suisse. C’est d’ailleurs aussi lui qui fit construire l’école d’horlogerie du Locle et qui la relia 10 ans après à l’Observatoire de Neuchâtel, offrant ainsi par câble, une « délocalisation » in situ de l’absolue précision la plus absolue. La manifestation a lieu tous les deux ans.

Marques timorées face à l’objectivité suprême

Dans le passé, les marques se bousculaient pour participer à ces Concours. Or, les récentes éditions ont peine à faire le plein. L’époque a changé. Les groupes financiers, par essence individualistes, se sont emparés des Manufactures et paradoxalement, ne cessent de s’inspirer goulument de leur histoire, quitte parfois à la réécrire un peu. Ils rechignent toutefois à se mesurer aux autres et à se prêter à des compétitions qui pourraient écorner leurs discours number one. Bref, le risque de ne pas gagner refroidit les élans. Pourtant, multiples sont les avantages de participer. La seule présence au départ est déjà un message fort, à haute valeur ajoutée. Un peu comme se retrouver au cœur d’un carré de bolides au départ d’un grand prix. Puis, il y a le rôle fédérateur qu’un tel défi déclenche au sein des équipes. Enfin, il y a les précieuses données générées par les 80 jours de test: trois passages au COSC, un vieillissement accéléré par le Laboratoire Dubois et sa norme Chronofiable et surtout, une exposition élevée à des champs magnétiques. Solidité, fiabilité, prestige ultra de figurer dans un classement qui offre à l’excellence ultime trois nuances. |

par Grandjean, TàG Press +41 News Agency

Concours de Chronométrie: date limite d’inscription le 31 mars 2019
Dépôt des pièces au plus tard le 31 août. Remise des prix début janvier de l’année suivante. Seul concours basé uniquement sur des critères mesurables et totalement dénué de subjectivité. 80 jours de test, 4 Instituts accrédités par la Confédération: METAS, COSC, Fondation Timelab (Poinçon de Genève), Laboratoire Dubois (Chronofiable®)

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