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Quelques conseils pour bien déléguer votre gestion…


par Nicholas Hochstädter
Performance Watcher
Chief Executive Officer

Déléguer votre gestion de fortune c’est d’abord choisir. Et pas n’importe quel choix! Il s’agit de mettre votre avenir financier entre les mains d’un gérant. Le plus important est certainement l’alignement des valeurs et des intérêts. Cela peut sembler évident mais ne va souvent pas de soi. Par exemple, beaucoup d’investisseurs veulent aujourd’hui placer leur argent de manière “responsable”. Ils souhaitent s’assurer que non seulement leurs investissements mais aussi leurs gérants suivent des règles strictes en termes de morale et de durabilité. Ceci est directement lié avec l’alignement des intérêts qui implique un haut niveau de transparence synonyme de confiance. Un sujet particulièrement sensible à ce propos est le TER (total expense ratio), ou combien vous coûte au total la délégation de votre gestion. Le secteur financier privé a, au contraire de l’institutionnel, encore bien du mal à offrir toute la lumière sur ce chiffre.

Où dégoter ces perles rares? Comme pour un bon médecin, le bouche-à-oreille se trouve être souvent le meilleur moyen de les trouver et, la suite, une succession de plus ou moins bonnes expériences! Il existe des plateformes dont le but est de favoriser ces rencontres. Elles peinent cependant à s’imposer pêchant par leur manque d’objectivité, leur flagrant conflit d’intérêt ou simplement parce que les mentalités ne sont pas encore prêtes. Mais tout évolue très vite. Grâce aux nouvelles technologies, il est par exemple possible aujourd’hui de sélectionner un gérant sur ses performances passées comme on peut communément le faire pour un fonds de placement.

Une fois que vous tenez la bonne personne, vient le moment de déterminer vos objectifs. Là, il faut absolument privilégier le quantitatif sur le qualitatif. J’utilise pour ma part la méthode SMART pour Spécifique, Mesurable, Atteignable, Réaliste et Temporel. Concrètement, il est impératif de déterminer un “benchmark” précis. Il s’agit d’un indice de référence que votre gérant doit s’efforcer d’égaler, voir de battre. Le plus souvent, il est une composition de plusieurs classes d’actifs (actions, obligations, liquidités, …). Mais il en existe aussi de type “peers group”. Ils se composent des résultats réels d’autres investisseurs ayant des objectifs équivalents aux vôtres. L’essentiel est de bien comprendre les implications de ce choix, en particulier en termes de risque. Vous pouvez vous faire une très bonne idée en demandant des informations telles que les pertes maximum passées et la performance moyenne annuelle. Êtes-vous prêt à perdre momentanément presque la moitié de vos actifs pour gagner 7% annuellement sur le long terme? C’est là, à titre d’exemple, la réalité passée du marché des actions.

Avant de commencer, il faut aussi aborder la question des frais. S’il est clair qu’un bon gérant doit être bien rémunéré, trop payer vous fait démarrer la course avec un caillou dans la chaussure, voir dans les deux! Vous vous en rendrez compte en suivant vos résultats. Insistez sur la présentation de votre performance nette, c’est-à-dire y compris l’impact des coûts.

Ceci nous amène au dernier point: bien déléguer c’est superviser. Même si vous avez toute confiance en votre gérant, le meilleur moyen de la préserver est de régulièrement vous informer du déroulement des opérations. Définissez quelles déviations par rapport au benchmark sont acceptables et quelles sont les actions en cas de dépassement. Je conseille de définir des écarts non seulement en rapport à la performance mais aussi au risque. Il est très utile d’être alerté quand votre portefeuille “bouge trop”. Ceci ne pose pas de problème lorsque les marchés montent, mais vous serez mieux préparé en cas de crash boursier! Il faut enfin vous “outiller” pour assurer cette supervision. Demandez à votre gérant ce qu’il utilise et que met-il à votre disposition. À l’ère du digital, ces instruments, autrefois réservés aux grosses fortunes, se sont démocratisés. |